D’un printemps à l’autre

By le mythe Le 4 décembre 2011

La première vertu des révolutions, c’est d’ouvrir l’horizon des possibles pour finir avec les fausses évidences et les illusoires certitudes

Or ce qui vient de se passer en Libye et le lynchage à mort de Kadhafi laisse penser que le printemps arabe a viré soudainement vers un printemps barbare et nous renvoie à mille lieues de l’optimisme ambiant sur ses avancées politiques.

Les élections qui ont suivi ont apporté une autre part d’ambigüité sur le fondement de la révolte et la cohérence des revendications
D’ailleurs peut-on parler de révolution, telle qu’on l’entend dans son sens historique, comme projet global et complet ?
Jusque-là, nous avons assisté à un simple renversement de dirigeants, sans que soient bouleversées les structures du pouvoir et nos habitudes.
Il faut bien souligner le mot « bouleverser nos habitudes », parce que malgré des élections dites démocratiques, on n’est pas foutu de respecter les résultats du scrutin : cette nouvelle démocratie qui consiste à recommencer le vote jusqu’à ce que son propre parti accède au pouvoir…

La victoire des partis religieux dans la plupart des pays du monde arabe était tout sauf une surprise,
Il y a bien longtemps que ces partis – marginalisés au passage par les médias occidentaux – ont occupé le terrain social pendant que les autres ont occupé le terrain de la parole et de l’agitation stérile.

Pour tenter de comprendre ce revirement politique, il faut placer les événements dans le contexte mondial
D’un côté on observe la montée des partis de l’extrême droite dans les pays occidentaux et de l’autre côté le retour au religieux dans le monde arabe
Tout ce passe comme si le printemps arabe – mené par Mohamed Bouazizi- et la vague d’indignation -menée par Stéphane Hessel- forment un socle commun pour exprimer le nouveau courant de pensée contre la tyrannie de la finance, celle qui place l’argent au dessus des lois.
La démocratie d’aujourd’hui jouit inlassablement d’un consensus sans précédent et ce malgré son nouveau visage baptisé Goldman Sacks qui s’octroie le droit de changer des gouvernements ruinés par la crise financière, et de créer de l’agitation dans les anciennes colonies pour y trouver les ressources nécessaires de sortir de cette crise
Espérant que ce repli identitaire pourra enfin remettre l’homme au centre de l’intérêt de la société

Sommes-nous aux prémices d’un cycle historique sans précédent ?
Il serait imprudent de parler de bilan, ou de tirer des conclusions hâtives
Plus nous disposons de précisions, plus les incertitudes augmentent, en tout cas, la lutte politique sera autre que la lutte de l’appropriation des mots

Ce billet est dédié à Nouzha Drissi qui nous a quitté dans un accident tragique

2 Responses leave one →
  1. 2011 décembre 5
    Anonyme UNITED STATES Windows 7 Google Chrome 15.0.874.121 permalink

    Quels que soient les nouveaux regimes, ils ne peuvent etre pires que ce qui existe maintenant et ceux qui ont existes avant.
    Parler de bilan du printemps arabe est un peu premature. On doit attendre des annees pour voir dans quelle direction les choses vont evoluer.
    Il y’a eu un reveil des consciences. Il y’a eu une prise de conscience que les dictatures qui continuent de peser sur l’avenir de nos pays ont largement depasse leur temps. Les autocraties qui font la majorite des regimes arabe doivent faire place a des regimes plus democratiques.
    Le Maroc ne fait pas exception a cette vague qui balaie le monde arabe. Quoi que l’on nous dise.

  2. 2011 décembre 16
    Le mythe FRANCE Mac OS X Safari 7534.48.3 permalink

    @ Anonyme
    Ton commentaire vient en complément de ce que je viens de dire
    Je ne peux que saluer

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