Fidélité et sincérité
Tout nous invite à l’oubli : valse de la mode et des idées, changements d’enseigne, frivolité, zapping, rupture, consommation, progrès, vacances, voyages, contrats à durée déterminée…
Comment résister au chant des sirènes de l’oubli ?
Faut-il refuser de les entendre comme Ulysse sur son bateau ?
Aujourd’hui, je fais des promesses. Comment jurer que je les tiendrai demain ?
Comment puis-je répondre de moi à travers les miroirs du changement, le flux du devenir ?
Comment jurer fidélité à l’être que l’on aime ?
Dans les commencements, cela semble facile : grâce de la nouveauté ! La fidélité va de soi.
Puis insensiblement les couleurs vives de l’amour se ternissent comme un fruit perd son éclat luisant.
N’est ce pas simplement la faute de temps ?
Mais les serments de l’amour bravent courageusement le temps.
Dire oui pour toute la vie, c’est le dire, en ce qui concerne, pour l’éternité !
Un engagement fou, puisque irrévocable.
« OUI » : trois voyelles si faciles à dire et qu’un divorce ne défait jamais entièrement…
La fidélité lance un défi à la réalité si précaire et instable. L’amant ne se demande pas comment être fidèle, il est fidèle parce que.
L’amour est à fortiori fidèle. Fidèle parce que confiant. Non par devoir mais par désir volontaire.
Je suis fidèle, j’ai la foi : l’un ne va pas sans l’autre.
Penser aux possibilités de trahir celui qu’on aime distille le poison du doute : c’est le ver dans le fruit.
La fidélité décide d’extrapoler le sentiment éprouvé au présent en l’engageant au futur. Elle décrète qu’elle ne se reniera ni ne se démentira pas même si elle cesse de croire.
Cependant la fidélité n’est pas toujours vertueuse : la rancune, par exemple, qui est fidélité dans la haine, serait bien avisée de se dédire.
De même pour l’ingrat, qui garde en mémoire les détails mesquins et autres vétilles : il serait plus généreux de les oublier !
Quand nos convictions s’effritent et que disparait la confiance, la fidélité a-t-elle encore un sens ?
Persister dans un choix qui s’avère mauvais témoigne d’un manque de courage.
On demeure fidèle par habitude, donc par lâcheté.
Au lieu de rompre le contrat on préfère prendre patience, c’est-à-dire endurer la durée. Mais la patience qui n’attend rien, vertu nue du temps, ne présente aucun caractère moral.
« La violence qu’on se fait pour demeurer fidèle à ce qu’on aime ne vaut guère mieux qu’une infidélité » prévient La Rochefoucauld.
L’auteur des Maximes compare ces amours usées et languissantes aux calmes plats et ennuyeux de la mer. Et l’amour est un enfant trépignant, gonflé d’espérance et porté par l’avenir.
Ses colères et ses tyrannies sont encore plus aimables que l’indifférence de l’égoïste.
Au fond, en restant sans rime ni raison, je ne suis plus du tout sincère. Cette résignation ne possède pas la dimension héroïque de l’abnégation, qui décide de mettre son égo en veilleuse !
La fidélité ne s’identifie pas à un exploit sportif ! le lien forcé entre passé et présent, la conformité à un devoir à tout prix ne donnent pas le ton d’une vie spirituelle.
Sans cesse nous devons ajuster nos convictions avec le principe de la réalité.
Trouver l’accord harmonieux entre notre sincérité et nos fidélités.
Abjurer est parfois salutaire. Renier, la pire des infidélités : une trahison.
Extrait du livre « Petite philosophie pour temps variables» de Cécile Guérard
A vrai dire, il n’y a pas l’ombre d’un brin de philosophie de ce que je viens de publier
c’est le type d’argumentation que je méprise par excellence à savoir redéfinir un champ -en l’occurence l’amour- en fonction de nos imperfections…
Le véritable amour ne connait ni jalousie, ni infidélité, ni coup bas…
Enfant je ne pardonnais pas les amours infidèles, en grandissant j’ai pris le temps de les comprendre.
On a inventé le stress, alors pourquoi pas l’infidélité
Pourquoi se contenter d’une personne quand on peut aimer plusieurs ?
Il arrive par moment qu’on devienne infidèle par la force des choses.
Retrouver dans les conquêtes, les traces d’un amour déchu, ou effacer les douleurs du premier amour….
Ce billet est dédié à l’ami Reda à qui je lui dois cette inspiration
J’ai lu les 3 premiers quarts de ton post avec un dégoût grandissant. Heureusement qu’il y a le dernier!