Le militantisme spéculateur

By le mythe Le 8 avril 2010

(Maroc, France et Belgique)

L’idée d’écrire ce billet m’est venu au lendemain d’une correspondance avec mes amis nihilistes, les sages des 9%,

Le mot a été choisi spontanément en faisant un parallélisme avec le monde de la Bourse
De la même façon qu’on peut créer des richesses virtuelles (qui peuvent s’effondrer à tout moment)
Le militantisme spéculateur prône le changement, en misant sur des réformes éloignées de la réalité du terrain.
L’incapacité de penser ensemble les problèmes locaux et les problèmes globaux constitue l’aspect intellectuel de la tragédie de notre époque
Le débat serait-il devenu le nerf des sociétés sans nerf, le credo des incrédules, la religion de l’anti-religion ?

Au Maroc, les divers militants de partis politiques, toute tendance confondue aspirent au même projet (le projet pour un Maroc meilleur).
On constate d’ailleurs une certaine similitude dans les programmes qu’ils proposent, la seule différence se situe dans la formulation
.
S’agit-il d’un manque de culture politique ? Ou tout simplement de la soif du pouvoir ?
Le profit passe t-il avant les idées ?

Au Maroc on excelle dans l’art de tourner le dos aux vrais problèmes de société, on excelle dans la lenteur de gérer les urgences, les vrais enjeux
L’enseignement, le travail, la santé, le logement ne sont-ils pas important que cette liberté d’expression évoquée à tort et travers ?

Bien-sûr une liberté d’expression s’apprécie quand on en manque, plus qu’un droit démocratique, c’est une conquête
Ce qu’on a obtenu sans luttes n’a pas de valeur
L’idée de valeur est indissociable d’une certaine idée de lutte…
A propos de valeurs, on ne peut pas débattre, on ne peut que se battre
Les valeurs sont affaires de choix, de volonté…
Je ne mets pas en cause cet élan qui gagne la Blogma (Facebook et Twité-rature) et ces gents qui militent pour des droits, au contraire, je me réjouis
Ce que je dénonce c’est cette hiérarchisation des réformes
Je n’arrive pas à comprendre que pendant ces trois dernières années voire plus, nous n’avions à faire qu’au problème de liberté d’expression
L’acharnement contre le système actuel n’a fait que durcir ce dernier et brûler les derniers espoirs de la Démocratie

Pourquoi continuer donc à l’affronter alors qu’on peut le faire réfléchir à travers d’autres défis ?

En France, on gouverne avec des symboles, le suivi laisse à désirer
Que reste-t-il de cette diversité sarkozienne?
Le naturel revient au galop, les démons du schéma d’avant surgissent
Une politique de diversion, de peopolisation
La politicien devient une star, on ne parle plus de projet de société, on parle des infidélités, des soirées gala…

En Belgique, ce sont des bougnouls qui s’occupent des bougnouls
On noie le politique dans l’associatif et on promet aux animateurs indigènes qui ont ratés leur carrière professionnelle, le rêve de devenir des élus
A Bruxelles, dit le recteur de l’université de Louvain, on ne veut pas de belgité, on préfère la belgitude
Stratégie narquoise pour sauvegarder un certain style de vie et de penser, quand on n’a pas les moyens de l’empire
« La politique, Selon Edgar Morin, est à la fois trop chargée de problèmes et trop vidée de pensée. C’est dans ces conditions, que se présentent en chaque société, et pour l’humanité toute entière, les gigantesques défis du siècle et ses problèmes de vie et de mort »

Que la civilisation soit malade de la vitesse, que le progrès de la science, de la technique et de l’industrie apportent non seulement des bienfaits de l’humanité mais aussi des menaces, il nous faut une politique de la responsabilité, il nous faut des cadres, des personnes qui dirigent de grandes entreprises, des hommes intègres de bonne volonté
La refondation politique exige tout d’abord la réforme de la pensée

Agir pour agir c’est de l’agitation
Agir dans l’action c’est pour avoir une vision

6 Responses leave one →
  1. 2010 avril 9

    « Au Maroc, les divers militants de partis politiques, toute tendance confondue aspirent au même projet»  : Je suis assez étonné, le MP, le PJD, … ne veulent pas parler de réforme de constitution, par exemple.
    « Ce que je dénonce c’est cette hiérarchisation des réformes»  : je ne parle pas du virtuel, mais la politique c’est justement la hiérarchisation, car qd on a les pieds sur terre on concentre nos moyens ( simples ) sur les priorités.
    « La refondation politique exige tout d’abord la réforme de la pensée; Agir pour agir c’est de l’agitation»  : parfaitement d’accord avec toi.

  2. 2010 avril 9
    le mythe FRANCE Windows Vista Internet Explorer 8.0 permalink

    @Mounir
    j’ai parlé des grands traits de réformes
    corruption, travail, santé…
    puisque tu justifies la hierarchisation des réformes avec les pieds sur terre
    peux-tu me citer les priorités?

    salut l’artiste

  3. 2010 avril 9
    Yugurta Windows XP Internet Explorer 6.0 permalink

    Le maitre mot : intégrité :)
    Quand elle fait défaut, à la base ou au sommet, les laissé(e)s pour compte sont précisément les citoyens intègres militant pour une vision participative et collégiale.
    Phrase clef : « La refondation politique exige tout d’abord la réforme de la pensée» …En particulier dans un pays hétérogène qui encense l’absence d’une communauté des valeurs.

  4. 2010 avril 10
    Le mythe FRANCE Mac OS X Safari 528.16 permalink

    « vision participative» 
    j’ai déjà entendu une phrase de ce genre par Segolène Royal
    dis Yug, tu n’es ce nouveau fameux compagnon qu’elle cache aux médias ?

  5. 2010 avril 10
    Yugurta Windows XP Internet Explorer 6.0 permalink

    Chuuut Cher Mythe, bien des femmes européennes viennent se refugier entre les bras de leur apollon bronzé, voire le subventionne tout au long de l’exercice budgétaire pour qu’il prenne bien soin de sa personne :)

    Mais la sensuelle Ségolène ne fait pas partie de mon portefeuille :)

  6. 2010 avril 10

    @ le mythe : mon artiste préféré, qd je fais le diagnostic du pays ( chose sur laquelle nous excellons tous, car la critique est simple, mais proposer des solutions … :) ) je trouve que le paquet doit être donné pour l’égalité des chances, dans tous les domaines : santé ( celui qui a de l argent peut se faire soigner convenablement alors que le fauché crève ), éducation, justice, … ce qui m’amène à demander à ce que l’argent publique soit dépensé vers les couches défavorisées et non pas pour enrichir encore plus nos riches ( ONA/SNI, ADDOHA, … ), mais je trouve que la décision politique n’est pas libre pour que l’on puisse accéder à un réel pouvoir qui me permettra d’appliquer ce que j’ai dit, donc, il faut que la décision soit retournés au peuple. Alors résumons, pour moi, la priorité n°1 = réforme de la constitution ( pour que la décision politique soit fidèle aux aspirations de la majorité ), puis par la suite réformer les secteurs ( éducation, santé, justice, … ) de telle manière à ce qu’ils soient au service de la majorité démunie de notre peuple.
    Voilà ce qui me concerne. D’autres auront une autre vision certainement :)

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