Le Silence
De la parole et de l’écriture
Il y a toutes les formes possibles du silence,
il y a un silence de fermeture, un silence de réserve, un silence de discipline, un silence de menace, un silence de colère, un silence de rancune.
Mais il y a aussi un silence de l’acceptation, un silence de la promesse, un silence du don, un silence de la possession.
Il y a un silence qui porte le poids de tous les souvenirs sans évoquer aucun, un silence qui mesure toutes les possibilités sans entamer aucune.
Il y a un silence lourd et qui opprime de telle sorte que la parole devient une délivrance,
Un silence fragile où gronde une hostilité irritée, un silence de l’amitié comblée
Il y a un silence qui provient tantôt de l’indifférence et tantôt du parti pris
Il y a un silence qui naît de la disproportion entre l’insignifiance des paroles et l’excès de leur signification
Il y a un silence qui est une marque de stérilité et d’impuissance, et un autre silence dans lequel se produisent toutes les éclosions, toutes les maturations
Il y a un silence de l’admiration et un silence du mépris
Il y a un silence intérieur dont on peut bien dire qu’il est un dialogue secret avec soi.
Et tantôt le silence me fait sentir la présence du corps comme un fardeau que je ne puis soulever ; tantôt il semble l’abolir, comme si j’étais devenu un esprit pur
Alors que dire de la parole! Surtout quand la parole n’est proférée que pour blesser, faire mal, ou pire encore exprimer du mépris!
la véritable musique est le silence et toutes les notes ne font qu’encadrer ce silence.
Elle n’est pas de moi mais de Miles Davis et je la trouve tellement juste …
Tu nous manques
reviens…
J’ai toujours aimé parler du silence même si le fait d’en parler m’a toujours paru curieux par le contradictoire parlant véhiculé par cette idée de narrer le silence.
Pourtant à bien y réfléchir le tremblement d’une feuille raconte bien le vent. Tout comme cette expression bien de chez nous « le silence est signe de consentement » nous décapsule sur une dimension où la parole se retrouve superflue pour exprimer ce qu’il n’est point besoin de dire…juste sentir… et consentir. Tout comme la nature, dans son si mélodieux silence est consentante à l’homme. Tout comme un ciel étoilé de paroles peut parfois, peut-être, dévoiler la beauté du silence et appeler en nous le désir de son espace ailé…
Aujourd’hui, il m’est plus facile d’écrire que de parler
Est-ce le calme ouaté d’une vie sans embûches qui me sert d’excuse ? Ou bien ce jeu même de l’écriture dont les mots imagés s’offrent, ouverts, comme de plus fidèles échos d’un silence absolu ?
Il y a tant de mots, tant d’intonations de voix ; n’y aurait-il qu’un silence ?
Je me souviens du silence de ma mère…ses mains s’agitant tout autour de mon corps comme autant de confidences chuchotées. Sur ses lèvres un simple sourire à peine ébauché, et dans le nacre de ses yeux, tout le lait de mon enfance. J’ai longtemps cru que, la nuit, sous ses paupières closes, elle tendait de grands draps blancs sur le flanc des collines pour m’en offrir l’éclat dans ces matins éblouis. Du linge sur une ligne, c’était dans le désordre des choses ; ce merveilleux désordre, dont elle savait, avec une coquetterie rieuse, parer la maison.
Il y eût aussi le silence de cet instituteur…de ces vides qui creusent sans fin l’abîme de vos lacunes, et vous laissent grelotant, sous des pluies de justifications .
Et celui là, gênant, lorsque l’on ne sait plus quels mots dire et que l’on se met à maudire notre impuissance à ne pouvoir parfois changer les choses.
Il y eut enfin celui de cette autre, aux cils anses…une manière d’être là, transparent, dans l’infini d’un temps qui s’abolit. Un vaste horizon sans entrave où ; peu à peu, se dessina l’aurore de mon âme
Son regard était limpide, son attente, une invitation. Une invitation à l’ombre et à la lumière, au rien qu’on ne veut plus nier. Au rien qui se fait source, corbeille d’abondance dans la nudité de l’être
Un tendre silence où j’ai tant puisé pour apprendre à parler
Mais surtout , à donner…
kb…presque en silence il y a quelque temps déja par là
@kb
je me souviens de ton billet et j’ai répondu avec silence comme le silence qui suit l’amour
….
tu m’as rappelé l’ami Yugurta
Yug si tu nous lis
donne nous de tes nouvelles