Une certaine forme du Bonheur
Il n’est pas du tout certain que le bonheur soit un sujet (voire objet) comme les autres, car chacun vise le bonheur comme il l’entend, chacun entretient un curieux rapport avec lui
Tout le monde s’accorde qu’il n’existe pas, pourtant tout le monde le cherche, et personne ne songe un instant à y renoncer
La première question philosophique qui s’est posée à propos du bonheur n’est pas celle de sa réalité, mais celle de sa valeur
Le bonheur tend à être confondu purement et simplement par le bien-être, lequel se résout en bien avoir
Le fait est que nous ne sommes pas suffisamment sérieux, suffisamment passionnés par le sujet pour se mettre d’accord sur sa définition
Nous nous satisfaisons de choses tellement superficielles telles que parvenir à nos fins, épouser l’homme le plus riche ou la femme la plus belle, avoir une voiture, une situation stable…
Le bonheur apparait comme le rayonnement de la joie sur l’existence entière ou sur la part la plus vivante de son passé actif, de son présent actuel et de son avenir pensable
De tous les temps, les hommes ont partagé ce désir et essayé d’atteindre un idéal de bonheur
Il est impossible d’agir sans viser un mieux, un idéal quelconque, une satisfaction
Un futur pour dépasser le présent, une finalité inscrite dans le projet de l’existence
Il faut se méfier de la quête du bonheur, une fausse bienveillance qui dissimule mal les frustrations et les désirs
Qu’il y ait des illusions à propos du bonheur, c’est une évidence, mais que le bonheur soit illusion, c’est une chose que l’on ne peut accepter
On ne peut comprendre le sens du bonheur qu’une fois laissés de côté le moi et ses exigences
Du jour où on parvient à se persuader qu’on n’avait pas besoin d’être heureux, commencera d’habiter en nous le bonheur
La conscience s’accorde toujours à ce qu’elle croit, à ce qu’elle instaure et à ce qu’elle crée
Il n’y a pas de chemin vers le bonheur
Le bonheur est le chemin
Le bonheur n’est pas un état passif, c’est un acte, il n’est pas un miracle, le malheur n’est pas non plus un coup du sort.
Tout conseil sur le bonheur semble toujours plus favoriser celui qui le donne que la personne auquel il s’adresse
L’idée ou la tentation voit ainsi tourner autour d’elle tout un ensemble de préjugés et de critiques
Le bonheur est une affaire intime et privée
La question du bonheur est la question des rapports entre la partie pratique et la partie désirante de notre vie