Pink Floyd
Je venais juste de quitter tôt mon hôtel, j’ai pris l’autoroute, j’ai remonté les vitres de ma voiture et allumé mon autoradio ( CD Delicate Sound of Thunder). Je roulais vite mais je ne me rendais pas compte
Arrivé à l’entrée de Grenoble, j’avais la sensation de planer et survoler les paysages et d’être à la même hauteur de ces montagnes qui m’accueillaient
Cette sensation, ce souvenir je l’ai toujours chaque fois que j’écoute Pink Floyd
Dans ma jeunesse, Pink Floyd était intimement lié au film the Wall et plus précisément à la chanson, We don’t need now education
jusqu’en juin 1988 où j’ai vraiment découvert Pink Floyd sur scène au château de Versailles, je crois que c’est le premier groupe rock (et le seul à ce jour) à se produire dans l’enceinte du château de Versailles
Durant deux soirées d’anthologie, le 21 et 22 juin 1988, Pink Floyd déploie tout son arsenal audiovisuel et pyrotechnique sur place d’Armes, un événement commémoré par une plaque et que l’on peut revoir dans la vidéo délicate Sound of Thunder
C’est le seul groupe à avoir réfléchi à la manière de présenter visuellement sa musique
Une musique bouillante et inventive, électrique et psychédélique, mêlant réel à l’onirique, l’humain à l’artificiel, l’émotion à l’agressivité dans un contexte ésotérique et surréaliste
Les artistes majeurs ont en commun d’être les pionniers de leur art ou bien d’en être à l’avant-garde, ou de synthétiser plusieurs courants artistiques en un seul, inédit et révolutionnaire.
Dans l’histoire de la musique, rares sont ceux qui peuvent se vanter de cumuler ces trois qualités, les Pink Floyd l’une des grandes formations à avoir marqué l’histoire de la musique, a le privilège d’appartenir à ce cercle fermé.
The Wall, un album, un spectacle et un film
Parler de l’un sans évoquer l’autre c’est comprendre à moitié son message
Une réflexion sur « The Wall» met en évidence quatre personnages clefs :
Roger Water : le concepteur du projet, guitariste des Pink Floyd
Gerald Scarfe ; le créateur artistique des marionnettes, l’illustrateur
Alan Parker, le réalisateur du film
Bob Geldof : l’acteur principal dans le film, chanteur punk
Pour comprendre « The Wall» il faut s’intéresser à l’avant « The Wall» , car il ne faut pas oublier que le groupe s’est séparé avant et s’est réuni pour réaliser ce projet
L’avant « The Wall» , commence par le succès phénoménal de « Dark Side of the Moon» et les concerts dans des stades à 80000 personnes, puis vient la déception, l’album « Animals» qui a eu beaucoup de réussite mais pas comme le précédent, ajouté à ça la perte d’argent colossale qu’a connu le groupe suite à de mauvais placements des investisseurs.
Bref malgré les problèmes internes qui le rongeaient à l’époque, le groupe s’est réuni uniquement pour l’argent.
Le concept, Roger Water l’avait déjà, un mélange entre une synthèse des tournées mondiales et sa propre histoire
Bob Ezrin vulgarisait la pensée de Water en trois points : éducation, guerre (Roger Water a perdu son père dans la guerre) et folie, d’ailleurs on voit clairement ces trois lignes directrices surgir dans le film.
Le génie d’Alan Parker est de choisir Bob Geldof (chanteur punk) -qui détestait les Pink Floyd- et qui a parfaitement remplis son rôle d’acteur principal avec un détachement émotionnel du concept.
La touche de David Gilmour n’était pas négligeable
The Wall signifie avant tout ce mur qui sépare les artistes de leur public (les fans)
On peut reprocher au film son message sombre, morose et le manque de dialogue mais je crois que la guitare des Pink Floyd et les illustrations de Gerald Scarfe ont perfectionné et comblé cette faille
Techniquement parlant le message musical est d’une simplicité et d’un génie hors repère, alternant entre blues, rock et pop
The Wall reste tout de même un culte dans l’histoire de la musique populaire
Au-delà des délires visuels et auditifs et des avalanches d’effets spéciaux, Pink Floyd est un groupe qui a une portée politique assumée et qui a su donner à la guitare une nouvelle forme de noblesse
J’aurai pu choisir Syd Barett, David Gilmour ou Roger Water mais c’est le groupe entier Pink Floyd que je tente de mettre en valeur dans la saga des grands guitaristes car leur style improvisé a donné au son de la guitare une autre dimension autour d’autres instruments..
« Je crois qu’il est bon qu’une chanson possède plusieurs significations. Elle peut ainsi toucher beaucoup plus de gens»
Syd Barrett
Je ne sais pas s’il existe encore des groupes qui peuvent faire de la musique de cette manière, avec une philosophie autour, une manière de voir le monde!
je doute fort mon ami
je ne pense pas qu’on pourra retrouver cette vague d’artistes inspirés et engagés
c’est une question d’époque
le consommable a pris le dessus sur l’art