Sur la Vérité
Ce billet, je le dois à mon amie kalimate qui m’a rappelé mon commentaire laissé sur son blog, il y a un an ou deux ans…
« Mon ami KB m’a dit un jour que « la vérité est mouvante»
Une phrase terrible que, je ne sais pas s’il mesure son importance
Si la vérité est mouvante c’est qu’elle existe donc.
Karl Jaspers disait dans ce sens que
La vérité est l’auto…révélation de l’existence
Vérité et existence sont intimement liées et convergent vers l’évidence
Je ne peux expliquer mon existence et pourtant j’existe
Arthur Schopenhauer disait:
« Toute vérité franchit trois étapes. – d’abord, elle est ridiculisée. – ensuite, elle subit une forte opposition. – puis, elle est considérée comme ayant toujours été une évidence.
Depuis l’antiquité les philosophes n’ont cessé de traiter « de la vérité» , ils se sont plongés dans ses problématiques, ses dialectiques et ses renversements
Quand il s’agit d’actualiser notre vérité, nous ne sommes toujours qu’en chemin certes mais il fait savoir intégrer la non-vérité, parce que la vérité ne réside pas dans le contenu mais dans la manière dont celui-ci est pensé, montré et discuté »
En suite l’idée m’est venue de lancer le débat sur facebook
La Vérité, est ce la cohérence de la pensée avec elle-même? Ou la conformité avec la réalité?
Et puis l’ami kb récidive :
« Entre ce que l’on voit, ce que l’on croit voir, ce que l’on pense voir, ce qui est visible, ce qui peut être vu, ce qui ne peut être vu il y a plusieurs façons de passer à côté de la vérité »
Si l’hypthèse de l’existence d’une vérité mouvante est plausible, le dernier commentaire l’est moins et oppose vérité et croyance
En fait, il traite la question comment se situer face au problème de la vérité
Les deux approches de l’ami kb à savoir le nihilisme et le scepticisme, conduisent à faire de la non vérité une vérité, il s’agit d’installer le doute comme vérité, une vision que je ne partage pas dans la mesure où la vérité exige la clarté, la cohérence, un caractère d’objectivité, car elle est partagée par tous grâce à des démonstrations et à des preuves.
Pascal avait dit : «Le contraire d’une vérité n’est pas l’erreur, mais une vérité contraire» ; Bohr le traduit à la façon : «Le contraire d’une vérité triviale est une erreur stupide, mais le contraire d’une vérité profonde est toujours une autre vérité profonde.»
Dans l’amour par exemple (exemple charognard je vous le concède), nous avons besoin de la vérité, nous ne tolérons pas le mensonge et nous ne pardonnons pas la trahison
La vérité est un idéal qu’on poursuit en produisant des affirmations de mieux en mieux justifiées
Quoi qu’il en soit, l’amour de la vérité joue dans notre vie, et dans notre culture, un rôle très différent du simple souci d’accumuler des vérités individuelles.
Il a une signification plus profonde et plus universelle, il fonde et stimule notre curiosité pour les faits et notre attachement à la démarche scientifique.
C’est parce que nous sommes convaincus de l’importance de la vérité que nous cherchons à accumuler des vérités
Mon analyse ne tente pas de remettre en cause les affirmations de l’ami kb,
La démarche consiste, au contraire, à faire un aller-retour incessant entre certitudes et incertitudes, entre l’élémentaire et le global, entre le séparable et l’inséparable. Il ne s’agit pas d’abandonner chacun « ses vérités » mais de les intégrer dans une pensée capable de relier, de contextualiser, de globaliser, mais en même temps de reconnaître le singulier et le concret
Il est clair que toi et ton ami Kb vous êtes des récidivistes … moi, je n’en sais rien
Que faire face quelqu’un qui te dit : « La vérité, c’est çà et pas autre chose! Pour cette vérité-là, je suis prêt à sacrifier ma vie!» ?
@Kalimate
à cause de toi des grands hommes se massacrent et toi tu ne sais rien
Ah vous les femmes….
Toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées…
tu as reconnu au passage Alfred de Musset
@hmida
Je vois où tu veux venir et je comprends
Je pense qu’il faut l sublimer ces ignorants, d’abord avec la souplesse du dialogue et une connaissance profonde du sujet en question
En fait il faut leur apprendre ce qu’est la vérité
Le débat est un sport de combat parmi d’autres qui s’appuie sur trois types d’attaques
Une attaque frontale, confrontation d’idées,
Une attaque latérale, pervertir le débat en passant sans cesse d’un sujet à l’autre
Ou retourner la force de l’adversaire contre lui comme au l’Aïkido, (la provocation)
Merci pour ta misogynie masquée ya Al3afrit de musée
je me demande d’où tires-tu cette « vérité» me concernant… lehla iteyeh alina batel …
Comme le dit Kant, la vérité ne peut qu’être partielle : « la connaissance de la chose-en-soi (ou « Noumène) est impossible car la vérité ne peut pas consister dans l’accord du jugement avec une réalité qui transcende nos possibilités de connaître ce qui est vrai c’est donc le jugement conforme au phénomène c’est à dire conforme à la chose telle qu’elle est pour nous, telle qu’elle nous apparaît telle que nous la pensons: est vrai le jugement conforme à la pensée elle-même. ». A partir de là, si tu n’intègres pas le doute qui te permets de progresser vers une meilleure perception de la vérité, tu te recroquevilles dans une attitude dogmatique. Il ne s’agit donc pas de choisir les extrêmes que tu proposes, scepticisme et nihilisme, mais bien de construire une vérité grâce à l’interrogation sceptique.
Mais le bouddhisme va encore plus loin. Voici ce que dit Bouddha : « « Il est naturel que vous ayez des doutes, puisque vous avez entendu des enseignements contradictoires et de telles situations provoquent certes la confusion.
Cependant, je vous dis ceci :
- Ne croyez pas quelque chose parce qu’elle vous a été simplement transmise par une tradition.
- Ne croyez pas quelque chose simplement parce que vous pouvez la trouver dans des écrits. Quelquefois, il peut y avoir dans les livres des choses fausses ou correctes, mais comment le savoir?
- Ne croyez pas aveuglément ce qu’un maître spirituel, votre guru, vous enseigne, parce que, lui aussi, peut faire des erreurs de temps en temps.
- Ne croyez pas non plus parce que vous entendez ici ou là par la rumeur. Et, même ce que j’enseigne, ne le croyez pas.
- Quoi que vous entendiez, testez-le, essayez de l’expérimenter, ceci est la manière d’enseigner du Bouddha.»
Ou, encore plus fort :
« Au cours d’une autre occasion, Bouddha donna à ses moines et à ses disciples les conseils suivants :
« Agissez comme les joailliers qui examinent l’or en le martelant, en le coupant, en le vérifiant de différentes façons. Voyant si cet or est vrai ou faux en le chauffant. Exactement de la même manière, ne croyez pas, n’acceptez pas mon enseignement simplement parce que vous avez du respect ou de l’amour envers moi. Ce n’est pas une raison suffisante pour croire en mon enseignement. Il faut que vous le mettiez en pratique et que vous le testiez. Si vous avez le sentiment qu’il est pratique, si vous sentez que cela apporte bonheur et santé dans votre coeur et dans votre esprit, alors vous pourrez à ce moment même l’accepter et le suivre. En pratiquant peu à peu, vous comprendrez si c’est vraiment bénéfique ou non. Si cela ne vous attire pas, alors laissez tomber il n’y aura pas d’objection.» »
C’est fort parce que, à partir d’une croyance, il te recommande de progresser vers celle-ci de l’intérieur et non pas à partir de l’imposition extérieure d’une Vérité donnée comme le font les monothéismes. La vérité est ton cheminement intérieur vers elle. C’est le scepticisme institutionnalisé. C’est le rempart contre tout dogmatisme qui possède en lui un risque très fort de dérapage vers le totalitarisme, qu’il soit philosophique, religieux ou politique. Et ce, sans pour autant tomber dans le nihilisme car le bouddhisme n’a rien à voir avec le nihilisme contrairement à ce qu’on voulu faire croire certains théologiens chrétiens du 19ème. Cela désamorce la guerre au nom d’une prétendue vérité que l’on cherche à imposer aux autres, même pour leur bien puisqu’il s’agit d’une Vérité suprême. Cette position permet d’intégrer toutes les vérités du moment qu’elles participent du bien de l’homme défini sur la base de principes que toutes les religions ou idéologies reconnaissent comme tel. Plus de guerre de religion, plus de totalitarisme.
Hu hu hu Lemythe, laisse moi commencer par te demander pardon de n’avoir pas visité le condor depuis quelques temps et être passé à côté d’un billet où mon modeste sobriquet se voit mêlé aux noms de grands et illustres penseurs.
en général, et même si je m’exprime souvent plus dans les tons loufoques du ludique que dans la constipation du sérieux , je fais quand même gaffe de mesurer ( sans en renverser sur le tapis) l’importance de ma kbaratinagologie.
Aussi cher Lemythe, enclin à la noble quête de ces eaux limpide de la véracité, laisse moi te dire que nous vivons une bien triste époque où tous les enseignements de la recherche du vrai sont malmenés de bien vile façon.
Tous ces enseignements, même si par moments contradictoires ou incohérents ne sont plus utilisés à rechercher cette vérité mais plutôt à la travestir et à la manipuler dans un infâme dessein de domination et d’instauration d’une forme hideuse de consumérisme social.
Tu cites Schopenhauer ? bien ! Sache que c’est exactement le principe de sa pensée, et plus spécialement cette définition de la vérité que tu nous rapportes qui est utilisé pour imposer le faux en vrai ou tout au moins en « admis ».
« Toute vérité franchit trois étapes. – d’abord, elle est ridiculisée. – ensuite, elle subit une forte opposition. – puis, elle est considérée comme ayant toujours été une évidence. »
C’est exactement sur cette vérité que se base ce que l’on appelle en stratégie de manipulation « l’effet fusionnel » car ce qui nous paraît étrange et sans fondement la première fois — parce que non argumenté — finit par paraître acceptable, puis normal, au fil des répétitions. Cette technique crée l’impression que ce qui est dit et répété a quelque part, très en amont, été argumenté.
Tout cela nous ramène au fait que l’homme (oui madame toi aussi), dans un principe Kantien (et c’est là où je rejoins Philco), ne perçois que les catégories de sa pensée et que la vérité lui échappait toujours
Maintenant venir, par un procédé manipulatoire des plus classiques qui consiste à sortir un propos de son contexte, qualifier mon approche du sujet de nihiliste juste parce que je pointe du doigt le « prisme » perceptif de cette vérité risque de t’égarer encore un peu plus sur le chemins ardus de cette quête. Non je n’oppose pas vérité et croyance quoique là encore tu reste plutôt flou sur le sens…croyance en tant que système de croyance (religieuse) ? ou en tant que perception d’une réalité ?…je ne vois pas trop ce que tu veux dire mais bref, je pense que dans les années à venir la pensée moderne devra plus s’exercer à traquer et dénoncer le mensonge qu’à continuer à admettre avec Pascal que » nous avons une impuissance à prouver, invincible à tout dogmatisme » et que » nous avons une idée de la vérité, invincible à tout pyrrhonisme « ?
Bonne quête l’ami…et attentions aux évidences, car la qualité même de celles-ci est d’être trompeuse
vraies bises
))
kb
@kb
Non
je n’ai pas qualifié ton approche du sujet de nihiliste
j’ai juste retrouvé tes arguments proches du courant nihilisme et scepticisme chez les grands philosophes
cela n’a rien avoir d’un jugement…
et je m’en excuse si tu le prends dans ce sens
je reviendrai si le temps le permettra sur ce sujet pour plus de détail
idem pour PHILCO
ah j’ai oublié une chose
mon billet se lit avec une certaine forme d’ironie
ou au second degré si tu veux
Lemythe…tu n’a pas à t’excuser l’ami…on en discute…et puis je croyais que la devise d’ici c’était « on fonce dans l’tas»
))))
et pui chui déçu un peu…je croyais que c’était du troisième degré…hu hu hu
Le Mythe, thème ardu s’il en est, il me parait plus sage de m’en tenir à l’appréciation du mensonge
ça me semble « en vérité» plus accessible dans ces moments fugaces où je crois dur comme fer que la matière contenue dans mon crâne sert effectivement à penser sans que je ne sache vraiment comment
Mais bon, tant qu’à tourner autour du pot, coupons les cheveux en quatre pour cloisonner puisque ça parait trop à avaler d’un seul trait.
@Yugurta
C’est une excellente démarche intellectuelle que tu viens d’entreprendre
et ma foi tu m’as convaincu
j’ai ecris un sujet sur les vertus du silence, mais ton silence est un crime
crois le ou pas, je prends toujours mon pieds à te lire
j’irai chercher ton coeur, même si tu l’emportes ailleurs
autant pousser le délire dans ces moments fugaces
salut l’artiste
Ami Le Mythe, je me tais les nuits de pleine lune pour mieux hurler et, oui, j’avoue que j’écris pour nous faire prendre notre pied, le délit de « postitution» n’étant pas encore puni d’internement

Bisous et merci aux pieds, mains, genoux, bref « tout ce que je peux atteindre» sans me casser la colonne
Au plaisir de te lire Condor